Alex De Taeye

Le directeur du Conservatoire de Mons

 

En 1931, la succession est ouverte au Conservatoire.

Le Conseil municipal de Mons, représenté par son bourgmestre, Victor Maistriau, et René Leclercq, échevin de l'instruction publique, désigne Alex De Taeye. Il a alors trente-trois ans.

"Le Conservatoire de Musique de Mons est une jeune institution, créée il y a une quarantaine d'années. Mais au n°7 de la rue de Nimy, existait déjà, depuis 1873, une Académie de Musique (devenue en 1922, "Conservatoire" communal puis provincial) issue d'une simple "Ecole de Musique", réorganisée à diverses reprises au XIX°siècle et dont l'origine remonte au XVII° siècle, grâce à l'initiative des organisateurs de la Société du Concert Bourgeois" (Walter Corten, musicologue).

Dès son arrivée, dans un document de son écriture repris ici, en partie, sur l'original, De Taeye nous livre une facette de sa conception personnelle quant à la reprise en mains de "son" établissement.

De Taeye s'attelle à la révision générale du programme des études, à la création de cours et, surtout, au renouveau de la pratique musicale dans cette ville et dans cette région, suscitant pour elles un climat musical, tant d'enseignement que de concerts.

L'accession au titre de "Royal"

Le Conservatoire communal prospère, sa population augmente et De Taeye mûrit déjà l'ambition de faire accéder le Conservatoire au niveau de "Royal", au même titre que ceux de Bruxelles, Anvers, Liège et Gand. Une telle reconnaissance lui permettrait, du même coup, d'élever encore la qualité du corps professoral et d'améliorer son statut.

Homme de caractère, il met tout en oeuvre pour cela : sa ténacité opiniâtre, son tempérament absolu, son ambition farouche l'amènent à inviter Sa Majesté la Reine Elisabeth à visiter son établissement dont le renom et la popularité ne font que grandir. Nous sommes en 1934.

Il dirige une classe d'orchestre et fonde un cours de chant d'ensemble.

Mais la guerre de 1940-1945 devait ralentir et même différer ses projets et activités...

Après la guerre Alex De Taeye reprend ses démarches auprès du ministre de l'Instruction publique, A. Buisseret, qui lui accorde une écoute favorable.

Son successeur, le ministre H. Vos, lui apporte un réel soutien et accepte que Mons soit le siège du nouveau Conservatoire royal créé en Wallonie (1946).

Des pressions incessantes argumentant de sa bonne gestion, plusieurs personnalité se rallient à ses démarches et le ministre Camille Huysmans finit par entériner la décision de son prédécesseur. Dès janvier 1948, par arrêté du Régent, le Conservatoire de Mons devient donc officiellement "Conservatoire d'Etat". Le pays est alors sous la régence du prince Charles et le Conservatoire ne portera le titre définitif de "Conservatoire royal" qu'à l'avénement de Sa Majesté le Roi Baudouin.

Nous sommes en 1951. Alex De Taeye n'a plus qu'un an à vivre.

 

Les orientations pédagogiques

La promotion royale, désormais acquise,permet à Alex De Taeye de donner au Conservatoire un nouveau souffle, de créer de nouvelles structures animées par de nouveaux pédagogues de haut renom parmi lesquels Joseph Rogatchewsky (chant), Francis Adrien (art lyrique), Edmond Bayens (violoncelle), Madeleine Barrès (art dramatique), Henri Desclin (musique de chambre) pour n'en citer que quelques-uns

Tout est en place, la voie est tracée.

Tout au long de sa direction, Alex De Taeye accorde une grande importance aux orientations pédagogiques qu'il expose lui-même dans un document significatif et résolument moderne pour son époque, plus que jamais actuel.

Selon lui, le conservatoire doit travailler dans deux directions complémentaires :

              • Renforcer la technique musicale des élèves
              • Parfaire leur éducation générale

On y retrouve déjà le principe des humanités musicales créées quelques vingt-cinq ans plus tard dans les conservatoires royaux du pays.

Il s'attache donc à élever le niveau de la technique et à enrichir la culture générale des élèves. Il révise les programmes et crée de nouveaux cours. Il est également attentif à la qualité du corps professoral, il n'hésite pas à affirmer :

"Il faut des diplômes universitaires à ceux de nos professeurs dont les cours touchent aux arts en général et à l'esthétique en soi".

 

 

 

 

 

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